IRVE : définition et architecture du système de recharge (2026)

Une IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) désigne l'ensemble du système technique qui permet de recharger un VE : la borne, mais aussi le câblage dédié, les protections électriques, le comptage et la supervision. Ce n'est donc pas seulement la borne visible, c'est toute la chaîne entre le tableau électrique et le véhicule.
Cet article s'adresse aux gestionnaires de flotte, DSI et responsables techniques et DAF qui veulent comprendre l'architecture d'une IRVE avant de décider quoi installer, et surtout comment en piloter le coût réel.
Ce qu'est une IRVE, précisément
Le terme IRVE recouvre l'infrastructure complète nécessaire à la recharge conductive d'un véhicule électrique ou hybride rechargeable. On confond souvent "IRVE" et "borne", mais la borne (ou wallbox) n'est qu'un composant.
Une IRVE, c'est un système : un point de livraison d'énergie relié au réseau, sécurisé, mesuré et parfois piloté à distance. La distinction compte, car le prix, la conformité et la maintenance se jouent sur l'ensemble de la chaîne, pas sur le seul boîtier.
Concrètement, une IRVE peut être unitaire (un point de charge à domicile) ou collective (parking d'entreprise, copropriété, voirie). Dans tous les cas, la logique architecturale reste la même : amener de l'énergie du tableau jusqu'au véhicule, en la protégeant et en la comptant.
Les composants d'une installation IRVE
Une IRVE bien conçue s'articule autour de cinq briques. Aucune n'est optionnelle sur une installation sérieuse : c'est leur combinaison qui garantit la sécurité et la traçabilité.
- La borne (ou wallbox) : le point de charge lui-même, du simple boîtier mural aux stations sur pied. C'est l'interface entre le réseau et le véhicule, avec sa prise (Type 2 en AC, CCS Combo en DC).
- Le câblage dédié : une ligne électrique spécifique tirée depuis le tableau, dimensionnée pour la puissance de la borne. Une IRVE ne se branche jamais sur un circuit existant partagé.
- Les protections : disjoncteur dédié et différentiel adapté (type A ou F selon la borne, avec détection du courant continu résiduel). C'est le cœur de la sécurité électrique.
- Le comptage : compteur d'énergie qui mesure les kWh réellement délivrés. Indispensable dès qu'il faut facturer, refacturer ou rembourser une recharge.
- La supervision : logiciel qui pilote la borne à distance (démarrage/arrêt, limitation de puissance, remontée des sessions). Elle relève souvent du protocole OCPP pour les installations professionnelles.
Les quatre modes de charge, dans un tableau
Le "mode de charge" décrit le niveau de sécurité et de communication entre le véhicule et l'infrastructure. Il est normalisé par la norme internationale IEC 61851-1 (déclinée en NF EN IEC 61851-1 en Europe), qui définit quatre modes. Ne pas les confondre avec les types de prises : le mode décrit la chaîne de sécurité, pas le connecteur.
Mode de charge | Puissance indicative | Usage typique |
|---|---|---|
Mode 1 | Jusqu'à ~2,3 kW (prise domestique, sans dispositif de sécurité dédié) | Recharge de vélos et deux-roues électriques ; déconseillé voire interdit pour les VE dans de nombreux contextes |
Mode 2 | Jusqu'à ~3,7 kW (prise domestique avec boîtier de contrôle sur le câble) | Dépannage occasionnel via le câble fourni avec le véhicule ; solution d'appoint, pas d'usage quotidien intensif |
Mode 3 | 3,7 à 22 kW en AC (jusqu'à ~43 kW en triphasé) | Recharge de référence à domicile et en entreprise, sur wallbox ou borne dédiée communicante |
Mode 4 | Courant continu (DC), de ~50 kW à plus de 350 kW | Recharge rapide et ultra-rapide sur bornes publiques ou de flotte, conversion AC/DC externe au véhicule |
Pour une flotte, le Mode 3 est la colonne vertébrale du quotidien (domicile et site), le Mode 4 servant les besoins d'itinérance et de recharge rapide. Le Mode 2 reste un filet de sécurité, jamais une stratégie.
Les obligations réglementaires à connaître
Le point clé pour tout décideur : en France, toute installation d'une puissance strictement supérieure à 3,7 kW doit être réalisée par un électricien titulaire de la qualification IRVE, en application du décret n°2017-26 du 12 janvier 2017. En dessous de ce seuil, l'installation par un professionnel non qualifié IRVE reste possible, mais la recharge y est lente.
La qualification IRVE se décline en trois niveaux : jusqu'à 22 kW sans configuration communicante avancée, jusqu'à 22 kW avec supervision, et au-delà de 22 kW pour les bornes rapides. Elle est délivrée par des organismes habilités (QUALIFELEC, AFNOR, Qualit'EnR selon les sources) et se renouvelle périodiquement.
Passer outre expose à des risques réels : sécurité (électrocution, incendie), refus de prise en charge par l'assurance, et perte des aides financières. Pour une flotte, c'est un point de conformité non négociable.
À noter aussi pour les collaborateurs en immeuble : le droit à la prise en copropriété facilite l'installation d'un point de charge individuel, un sujet fréquent dès qu'une flotte se recharge à domicile.
Maintenance, supervision et lien avec le TCO
Une IRVE n'est pas un équipement qu'on pose et qu'on oublie. Elle demande une maintenance (contrôle des protections, mises à jour firmware, vérification des connecteurs) et, pour les parcs, une supervision qui remonte l'état des bornes et les sessions de charge.
C'est cette couche logicielle qui transforme un ensemble de bornes en un parc pilotable.
Le vrai sujet financier arrive ensuite. Le matériel IRVE représente un coût d'acquisition et d'installation, mais le poste qui pèse dans la durée, c'est l'énergie consommée, et surtout la part rechargée au domicile des collaborateurs.
C'est là que se joue le TCO réel d'une flotte électrique, et c'est aussi le point le plus difficile à tracer proprement, parce qu'il se passe hors des murs de l'entreprise.
Le matériel n'est pas toujours la bonne question
Comprendre l'architecture d'une IRVE est utile, mais posez-vous la vraie question de départ : quel est votre objectif ? Si c'est équiper un site avec des bornes, alors le choix du matériel, du mode de charge et de l'installateur qualifié est central.
Mais si votre objectif réel est de suivre et rembourser la [recharge à domicile](https://www.voltaback.com/blog/recharge-voiture-electrique-domicile/) de vos collaborateurs, alors le matériel devient secondaire, car ce besoin se traite en logiciel.
C'est précisément ce que fait Voltaback. Quel que soit le matériel IRVE installé chez le collaborateur (n'importe quelle borne, n'importe quel câble, n'importe quelle prise, avec ou sans supervision), Voltaback mesure chaque recharge à domicile et génère le remboursement conforme URSSAF au coût réel, au centime, sans dépendre de la borne ni configurer le moindre équipement.
La précision de la mesure est certifiée par Bureau Veritas à moins de 2 %, et l'approche au réel s'appuie sur un rescrit URSSAF. Autrement dit : la partie "suivi et remboursement" du TCO n'a pas besoin de matériel spécifique, elle a besoin d'une donnée fiable.
C'est ce qui explique que plus de 180 entreprises, dont plus de 15 % du CAC 40 (Equans, BNP Paribas, Lyreco, Sodexo), traitent le remboursement de la recharge à domicile en logiciel, en laissant chaque site libre du matériel IRVE qui lui convient.
FAQ
La borne (ou wallbox) est un composant de l'IRVE. L'IRVE désigne l'infrastructure complète : borne, câblage dédié, protections électriques, comptage et supervision. On peut avoir une borne sans avoir une IRVE conforme si les protections et le circuit dédié manquent.
Oui dès que la puissance dépasse 3,7 kW. Le décret n°2017-26 du 12 janvier 2017 impose une installation par un électricien titulaire de la qualification IRVE au-delà de ce seuil. En dessous de 3,7 kW, ce n'est pas exigé, mais la recharge est lente et peu adaptée à un usage quotidien.
Le Mode 3 (AC, 3,7 à 22 kW) pour la recharge quotidienne à domicile et sur site, et le Mode 4 (DC, recharge rapide) pour l'itinérance et les besoins ponctuels. Le Mode 2 reste une solution de dépannage, pas une stratégie de recharge régulière.
C'est la couche logicielle qui pilote les bornes à distance : démarrage et arrêt des sessions, limitation de puissance, remontée des données de charge. Sur les installations professionnelles, elle s'appuie souvent sur le protocole OCPP. Elle sert à gérer le matériel, pas à rembourser la recharge à domicile, qui est un besoin distinct.
En passant par une solution logicielle indépendante du matériel. Voltaback mesure la recharge à domicile quelle que soit la borne, le câble ou la prise, puis génère un remboursement au coût réel et conforme URSSAF, avec une précision certifiée Bureau Veritas à moins de 2 %.
Article rédigé par Aubin Aycaguer, Chief of Staff chez Voltaback. Voltaback est la plateforme 100 % logicielle qui automatise le suivi et le remboursement de la recharge à domicile des flottes, au coût réel et conforme URSSAF, quel que soit le matériel installé.
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