Fiscalité de la voiture électrique en LLD : le guide entreprise 2026

30 juin 2026

Fiscalité d'une voiture électrique en LLD pour une flotte d'entreprise en 2026

En LLD, les loyers d'une voiture électrique sont déductibles, sauf la part d'amortissement que le loueur réintègre au-delà du plafond de 30 000 euros (une quote-part que le bailleur doit obligatoirement indiquer au contrat). La TVA reste non récupérable sur les loyers d'une voiture particulière, mais elle l'est à 100 % sur l'électricité de recharge et l'entretien facturés à part.

Les véhicules 100 % électriques sont exonérés des taxes annuelles ex-TVS. Côté avantage en nature, la base d'un véhicule loué est passée à 50 % du coût global annuel depuis l'arrêté du 25 février 2025 (loyer, entretien, assurance), avant l'abattement électrique de 70 % plafonné à 4 641,60 euros en 2026.

Ce guide détaille, chiffres officiels à l'appui, la fiscalité complète de la LLD électrique pour votre flotte en 2026 : loyers déductibles, amortissement non déductible, TVA, taxe CO2, avantage en nature. Puis le poste que le contrat ne couvre jamais, la recharge à domicile de vos collaborateurs.

Comment déduire les loyers d'une LLD électrique en 2026 ?

Les loyers de LLD sont des charges déductibles du résultat imposable, à une exception près : la part correspondant à l'amortissement du véhicule pratiqué par le loueur. Comme pour un achat, cet amortissement est plafonné, et pour un véhicule 100 % électrique (émissions inférieures à 20 g/km de CO2 en WLTP) le plafond monte à 30 000 euros.

Le plafond de déduction des loyers par tranche de CO2

Le plafond dépend du taux de CO2 (WLTP) lu sur la carte grise et s'apprécie sur la valeur TTC du véhicule. Plus le véhicule émet, plus la fraction de loyer déductible se réduit. C'est l'avantage structurel de l'électrique : il bénéficie du plafond le plus haut.

Tranche de CO2 (WLTP)

Plafond de déduction (TTC)

Type de véhicule concerné

Inférieur ou égal à 20 g/km

30 000 euros

100 % électrique

De 20 à 49 g/km

20 300 euros

Hybride rechargeable performant

De 50 à 160 g/km

18 300 euros

Thermique ou hybride courant

Supérieur à 160 g/km

9 900 euros

Véhicule fortement émetteur

Source : article 39-4 du CGI et BOFiP (BOI-BIC-AMT-20-40-50). Pour un VE dont la valeur reste sous 30 000 euros, la totalité du loyer financier est en pratique déductible, là où un modèle thermique équivalent voit son plafond tomber à 18 300 euros, voire 9 900 euros pour les plus émetteurs.

La mécanique de l'amortissement non déductible (AND) pas à pas

Au-delà du plafond, la fraction de loyer correspondante est réintégrée extra-comptablement dans le résultat imposable : c'est la quote-part d'amortissement non déductible. Vous n'avez pas à la calculer vous-même, mais vous devez la réintégrer. Le mécanisme en quatre étapes :

  1. Le bailleur amortit le véhicule sur sa valeur TTC et isole la part excédant le plafond fiscal (30 000 euros pour un VE).
  2. Il vous communique chaque année, comme la loi l'y oblige (BOI-BIC-BASE-60-20), le montant exact de la quote-part de loyer non déductible.
  3. Vous comptabilisez la totalité du loyer en charge, comme d'habitude.
  4. Vous réintégrez extra-comptablement cette quote-part sur votre liasse fiscale (tableau 2058-A), au prorata de la durée de mise à disposition.

La formule simplifiée couramment utilisée : quote-part réintégrée = loyer annuel x (prix TTC du véhicule - plafond) / prix TTC du véhicule.

Exemple pour une Tesla Model 3 à 45 000 euros TTC avec un loyer financier de 8 000 euros par an : réintégration = 8 000 x (45 000 - 30 000) / 45 000, soit environ 2 667 euros par an. Le reste du loyer demeure déductible. Pour le détail du mécanisme, voir notre guide sur l'amortissement non déductible.

Loyer financier plafonné contre prestations déductibles à 100 %

Le plafond ne touche que la part financière du loyer (le capital amorti). Les prestations de services incluses dans le contrat restent, elles, intégralement déductibles, sans plafond de CO2 :

  • Entretien et maintenance : déductibles à 100 %.
  • Assurance et assistance : déductibles à 100 %.
  • Gestion de flotte et services annexes : déductibles à 100 %.

Schéma de décomposition d'un loyer LLD électrique en 2026 : part financière plafonnée et amortissement non déductible contre prestations déductibles à 100 %

Décomposition d'un loyer de LLD électrique : seule la part financière est plafonnée. Source : article 39-4 du CGI.

D'où une bonne pratique contractuelle : exiger du loueur une ventilation par lignes distinctes (loyer financier, entretien, assurance, énergie, services). Un loyer global non détaillé vous fait perdre à la fois la lisibilité de la part réintégrable et la récupération de TVA sur l'entretien et l'énergie.

Cas particulier à connaître : la batterie facturée séparément est identifiée distinctement et exclue de la base soumise au plafond. Elle s'amortit alors de façon autonome, sans limitation, ce qui augmente la part déductible sur les VE dont la batterie est isolée au contrat.

TVA en LLD : ce que vous récupérez vraiment

La règle est nette : sur une voiture particulière (catégorie M1), la TVA des loyers de LLD n'est pas récupérable, quelle que soit l'énergie, électrique compris. En revanche, la TVA de l'électricité de recharge est récupérable à 100 % dès lors qu'elle sert à l'activité, et celle de l'entretien l'est également.

D'où l'intérêt, encore une fois, d'une facturation ventilée : une facture globale non détaillée vous fait perdre cette récupération de TVA sur l'entretien et l'énergie. À noter aussi : depuis le 30 avril 2025, la TVA sur les voitures de fonction peut être récupérée lorsqu'une participation financière est demandée au salarié. Un point à arbitrer avec votre expert-comptable selon votre politique de flotte.

Poste

TVA récupérable ?

Condition

Loyer LLD (voiture particulière)

Non

Quelle que soit l'énergie

Électricité de recharge

Oui, 100 %

Usage professionnel

Entretien du véhicule

Oui, 100 %

Ligne distincte au contrat

Loyer LLD (véhicule utilitaire)

Oui

Catégorie N1

Taxes annuelles (ex-TVS) : l'électrique est exonéré

Depuis 2024, la TVS a disparu au profit de deux taxes annuelles : la taxe sur les émissions de CO2 et la taxe sur les émissions de polluants atmosphériques (l'ex-taxe sur l'ancienneté). Les véhicules 100 % électriques sont exonérés des deux, de façon automatique et sans limite de durée.

En LLD, cette exonération profite à l'entreprise qui affecte le véhicule à son activité. Attention en revanche : depuis le 1er janvier 2025, les hybrides rechargeables ne bénéficient plus d'aucune exonération et sont taxés selon leurs émissions réelles de CO2. Le cadre est détaillé dans notre guide dédié à la taxe sur les véhicules électriques.

L'avantage en nature en LLD : base de 50 % du coût global

Dès qu'un salarié utilise le véhicule à titre privé, vous devez évaluer un avantage en nature. Depuis l'arrêté du 25 février 2025, pour un véhicule loué mis à disposition à compter du 1er février 2025, la base forfaitaire est passée de 30 % à 50 % du coût global annuel (loyer + entretien + assurance). Si l'employeur prend en charge l'énergie, la base monte à 67 %.

Sur cette base, un véhicule électrique bénéficie en 2026 d'un abattement de 70 %, plafonné à 4 641,60 euros par an. Le véhicule doit respecter le score environnemental (arrêté du 14 décembre 2023) ; les hybrides rechargeables sont exclus de l'abattement. Vous pouvez aussi opter pour l'évaluation au réel (abattement électrique de 50 %, plafond 2 026,30 euros), en général moins favorable pour un VE. Source : URSSAF / BOSS.

Calculer l'AEN d'une VE en LLD en 2026 (exemple chiffré)

Prenons une Tesla Model 3 en LLD avec un coût global annuel de 9 000 euros (loyer, entretien, assurance), énergie payée par le salarié :

  1. Base forfaitaire : 9 000 x 50 % = 4 500 euros.
  2. Abattement électrique de 70 % : 4 500 x 70 % = 3 150 euros d'abattement (inférieur au plafond de 4 641,60 euros).
  3. AEN net imposable : 4 500 - 3 150 = 1 350 euros par an, soit 112,50 euros par mois.

L'électricité payée par l'employeur n'entre pas dans ce calcul forfaitaire. Pour aller plus loin sur les bases, les seuils et les cas hybrides, consultez notre guide complet sur l'avantage en nature d'un véhicule électrique.

LLD ou achat : quel arbitrage fiscal en 2026 ?

La LLD lisse la trésorerie et transfère le risque de revente au loueur, mais ne permet pas de récupérer la TVA sur le capital et intègre la marge du bailleur. L'achat (ou le crédit-bail avec option) offre le pilotage de l'amortissement et la récupération de TVA sur un utilitaire, au prix d'une immobilisation.

Pour un VE de flotte sous 30 000 euros, les deux voies déduisent aujourd'hui l'essentiel du coût : l'arbitrage se joue surtout sur la trésorerie, la durée de détention et la gestion de la valeur résiduelle.

Comparatif fiscal Achat contre LLD pour une voiture électrique de flotte en 2026

Arbitrage Achat contre LLD pour une VE de flotte en 2026 : la fiscalité converge, la trésorerie décide.

Critère

LLD

Achat

Déduction fiscale

Loyers déductibles (hors quote-part AND > 30 000 euros)

Amortissement déductible (plafond 30 000 euros)

TVA sur le capital

Non récupérable (voiture particulière)

Non récupérable (voiture particulière)

Trésorerie

Loyer lissé, pas d'apport

Immobilisation ou emprunt

Valeur résiduelle

Portée par le loueur

À la charge de l'entreprise

Taxes annuelles ex-TVS

Exonéré (100 % électrique)

Exonéré (100 % électrique)

Souplesse comptable

Charge simple à comptabiliser, quote-part à réintégrer

Pilotage fin de l'amortissement

Pour élargir le cadre fiscal complet (bonus, amortissement, taxes, TVA), consultez notre pilier sur la fiscalité de la voiture électrique en entreprise.

La recharge à domicile, le poste que le contrat de LLD ne règle pas

Quel que soit votre choix, LLD ou achat, un poste reste hors du contrat : la recharge à domicile des collaborateurs. Le loueur finance le véhicule, l'entretien et l'assurance, mais jamais le remboursement de l'électricité consommée au domicile du salarié. Quand un collaborateur recharge chez lui un véhicule de la flotte, l'entreprise doit lui rembourser l'électricité, et ce remboursement doit être justifié au coût réel pour rester exonéré de cotisations sociales.

Schéma : le contrat de LLD ne couvre pas le remboursement URSSAF de la recharge à domicile en 2026

Le contrat de LLD s'arrête au véhicule : le remboursement URSSAF de la recharge domicile reste à la charge de l'entreprise.

C'est précisément ce que fait Voltaback : le suivi et le remboursement au coût réel de chaque recharge à domicile, conforme URSSAF (nous disposons d'un rescrit URSSAF et d'une précision certifiée par Bureau Veritas à moins de 2 %), sans aucun matériel à poser et sur n'importe quelle installation. Plus de 200 entreprises nous font confiance, dont plus de 20 % du CAC 40, comme Equans, BNP Paribas, Lyreco et Sodexo.

Votre flotte passe à l'électrique et vous voulez sécuriser le remboursement de la recharge domicile sans alourdir la paie ? Parlez à un expert flotte Voltaback.

FAQ

Article rédigé par Aubin Aycaguer, Chief of Staff chez Voltaback. Voltaback aide plus de 200 entreprises à suivre et rembourser la recharge à domicile de leurs flottes électriques, au coût réel et conformément aux exigences de l'URSSAF, sans aucun matériel à installer.

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