Amortissement véhicule électrique 2026 : plafonds et règles fiscales

L'amortissement d'un véhicule électrique acheté par une entreprise en 2026 reste plafonné à 30 000 € de base déductible pour les modèles émettant moins de 20 g de CO₂/km (norme WLTP). Au-delà de ce plafond, la fraction excédentaire est réintégrée au résultat fiscal chaque année, au taux linéaire de 20 % sur 5 ans, via le tableau 2058-A.
Bonne nouvelle souvent ignorée : la batterie facturée séparément s'amortit hors plafond, sur sa durée d'usage. Cet article s'adresse aux DAF, comptables, gestionnaires de flotte et dirigeants qui veulent maximiser la déductibilité en toute conformité.
Quels sont les plafonds d'amortissement 2026 par motorisation ?
Le plafond de déductibilité 2026 dépend uniquement des émissions de CO₂ (cycle WLTP) du véhicule de tourisme (catégorie M1). Pour un électrique (< 20 g), la base amortissable déductible est de 30 000 € ; pour un hybride rechargeable (20 à 49 g), elle tombe à 20 300 €.
Un thermique ou hybride classique de 50 à 160 g est plafonné à 18 300 €, et au-delà de 160 g à seulement 9 900 €. Ces montants s'entendent TTC (la TVA sur l'achat d'un véhicule de tourisme n'étant pas récupérable).
Le prix payé au-dessus du plafond n'est pas perdu comptablement, mais il n'ouvre aucune déduction fiscale. C'est précisément ce qui rend l'électrique attractif : avec 30 000 € de base contre 18 300 € pour un thermique équivalent, l'écart de déductibilité atteint 11 700 € sur la durée d'amortissement.
Voir le pilier fiscalité entreprise pour le tableau complet des avantages.
Motorisation (émissions WLTP) | Plafond amortissement 2026 | Écart vs électrique |
|---|---|---|
Électrique (< 20 g CO₂/km) | 30 000 € | référence |
Hybride rechargeable (20 à 49 g) | 20 300 € | - 9 700 € |
Thermique / hybride (50 à 160 g) | 18 300 € | - 11 700 € |
Fortement émetteur (> 160 g) | 9 900 € | - 20 100 € |
Utilitaire léger (VU, catégorie N1) | Pas de plafond | déduction intégrale |
Comment calculer la réintégration fiscale (AND) pas à pas ?
La réintégration correspond à l'amortissement non déductible (AND) : la part d'annuité qui porte sur la fraction du prix dépassant le plafond. Le calcul tient en une formule : (prix TTC − plafond) × taux d'amortissement, appliquée au prorata temporis la première et la dernière année.
Prenons un VE acheté 45 000 € TTC le 1er janvier, amorti en linéaire à 20 % sur 5 ans. L'annuité comptable est de 45 000 × 20 % = 9 000 €.
L'annuité fiscalement déductible est plafonnée à 30 000 × 20 % = 6 000 €. La différence, soit 3 000 € par an, constitue l'AND à réintégrer extra-comptablement sur le tableau 2058-A.
Sur 5 ans, l'entreprise réintègre au total (45 000 − 30 000) = 15 000 €. Si le véhicule était mis en service le 1er juillet, la première annuité serait calculée sur 6 mois (prorata), l'amortissement se poursuivant sur un exercice supplémentaire.
Année | Annuité comptable (9 000 €) | Annuité déductible (6 000 €) | AND réintégré |
|---|---|---|---|
An 1 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
An 2 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
An 3 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
An 4 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
An 5 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
Total | 45 000 € | 30 000 € | 15 000 € |
Peut-on amortir la batterie séparément, hors plafond ?
Oui, et c'est le levier le plus rentable du dossier. Lorsque la batterie fait l'objet d'une facturation distincte (ligne séparée sur la facture d'achat, ou contrat de location de batterie), l'administration la considère comme une immobilisation à part entière.
Elle échappe alors totalement au plafond de 30 000 € et s'amortit intégralement, sur sa durée d'usage réelle (4 à 8 ans). Reprenons le VE à 45 000 €, dont 12 000 € de batterie facturés séparément.
Le véhicule « nu » vaut 33 000 € : l'AND ne porte plus que sur 33 000 − 30 000 = 3 000 € au total, contre 15 000 € sans séparation. Les 12 000 € de batterie deviennent 100 % déductibles.
Résultat : environ 12 000 € de base déductible récupérée, soit près de 3 000 € d'IS économisé (à 25 %). La condition est simple mais impérative : exiger une facturation détaillée au moment de l'achat ou du contrat.
Sans mention séparée sur la facture, aucun retraitement n'est possible a posteriori.
Quelle différence entre amortissement comptable et fiscal ?
La distinction est la source d'erreur la plus fréquente. L'amortissement comptable enregistre la dépréciation économique réelle du véhicule dans les comptes : il porte sur 100 % du prix, quel que soit le plafond.
Dans notre exemple, ce sont bien 9 000 € qui sont comptabilisés chaque année en charge (compte 6811). L'amortissement fiscal, lui, ne reconnaît la déduction que dans la limite du plafond, soit 6 000 €.
L'écart de 3 000 € n'est pas supprimé des comptes : il est réintégré extra-comptablement au résultat fiscal, sur le tableau 2058-A, ligne des amortissements excédentaires. Autrement dit, vous passez bien la charge en comptabilité, mais vous rajoutez la fraction non déductible au bénéfice imposable.
Cette gymnastique n'a aucun impact sur le résultat comptable (donc sur les capitaux propres affichés), seulement sur l'assiette de l'impôt sur les sociétés. Ne jamais bloquer l'amortissement comptable au niveau du plafond : ce serait une double erreur, comptable et de calcul de plus-value future.
Comment fonctionne le plafonnement en LLD (location longue durée) ?
En LLD ou crédit-bail, l'entreprise n'inscrit pas le véhicule à son actif : elle déduit des loyers. Le plafond ne disparaît pas pour autant, il est simplement transféré.
Le loueur communique chaque année la part d'amortissement incluse dans le loyer, et c'est cette fraction qui est plafonnée selon le barème CO₂ (30 000 € pour un électrique). La quote-part de loyer correspondant à l'amortissement de la valeur excédant le plafond doit être réintégrée par le locataire, exactement comme pour un achat.
Les autres composantes du loyer (entretien, assurance, financement, services) restent, elles, intégralement déductibles. En pratique, le loueur fournit une attestation annuelle de réintégration : c'est le document à réclamer systématiquement pour sécuriser la liasse.
Beaucoup d'entreprises l'oublient et déduisent 100 % du loyer par défaut, ce qui constitue un risque en cas de contrôle. Pour le détail des contrats et de leur traitement, voir notre guide fiscalité en LLD.
La TVA sur l'électricité de recharge est-elle récupérable ?
Oui, et c'est un avantage décisif du 100 % électrique face au thermique. La TVA sur l'électricité consommée pour recharger un véhicule d'entreprise est récupérable à 100 %, qu'il s'agisse d'un véhicule de tourisme ou d'un utilitaire.
À titre de comparaison, la TVA sur l'essence et le gazole n'est déductible qu'à 80 % pour les véhicules de tourisme. Sur le carburant, une flotte thermique laisse donc mécaniquement filer 20 % de TVA.
Concrètement, chaque euro de TVA sur les kWh de recharge revient dans les caisses de l'entreprise, à condition de disposer de justificatifs conformes rattachant la dépense à un véhicule professionnel. C'est simple pour la recharge sur borne publique facturée à l'entreprise ; cela devient un vrai sujet quand le collaborateur recharge à son domicile et avance l'électricité sur sa facture personnelle.
La traçabilité de ces kWh conditionne à la fois la récupération de TVA et la conformité du remboursement. Voir aussi le remboursement URSSAF des frais de recharge.
Quel est l'impact fiscal de la cession du véhicule ?
À la revente, l'entreprise dégage une plus-value (ou moins-value) professionnelle égale à la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable (VNC), c'est-à-dire le prix d'achat diminué des amortissements comptables pratiqués. Pour un bien amortissable, la plus-value est imposée en court terme à hauteur des amortissements déduits, donc au taux de l'IS.
Point de vigilance propre aux véhicules plafonnés : la fraction d'amortissement qui avait été réintégrée (l'AND, non déduite fiscalement) peut être déduite du résultat au moment de la cession, afin d'éviter une double imposition. Sur notre VE à 45 000 €, les 15 000 € réintégrés au fil des ans viennent minorer la plus-value taxable à la sortie.
Si le véhicule est totalement amorti (VNC de 0 ou proche), la quasi-totalité du prix de revente devient une plus-value imposable : la revente d'un VE cédé à bon prix mérite donc d'être anticipée avec le comptable. La batterie amortie séparément suit le même raisonnement sur sa propre VNC.
Ce que l'amortissement change vraiment pour le TCO
L'amortissement ne se lit jamais seul : il pèse dans le coût total de possession (TCO) aux côtés de l'énergie, de l'entretien, de l'assurance et de la fiscalité de l'usage. L'électrique cumule ici les atouts : base déductible supérieure (30 000 € contre 18 300 €), batterie hors plafond, TVA de recharge à 100 %, exonération de malus et avantage en nature plus léger.
Mais le poste qui fait vraiment décrocher le TCO d'une flotte, c'est l'énergie : la recharge à domicile revient souvent 2 à 3 fois moins cher que l'itinérance publique. Encore faut-il rembourser ces kWh au collaborateur proprement, au coût réel et sans redressement.
C'est exactement ce que fait Voltaback : une solution 100 % logicielle qui suit chaque recharge à domicile et génère un justificatif conforme URSSAF (rescrit URSSAF à l'appui, précision certifiée Bureau Veritas < 2 %), sans aucun matériel à poser ni à configurer. Plus de 180 entreprises l'utilisent, dont plus de 15 % du CAC 40 (Equans, BNP Paribas, Lyreco, Sodexo).
Une fois l'amortissement optimisé côté DAF, le remboursement de la recharge domicile est le dernier gisement d'économie de la flotte.
Les erreurs fréquentes et les points de contrôle
La plupart des redressements et déductions perdues viennent de quelques oublis récurrents. Voici la checklist à passer en revue avant de clôturer l'exercice :
- Bloquer l'amortissement comptable au plafond : erreur classique. On amortit 100 % du prix en comptabilité, on réintègre seulement la part excédentaire en fiscal.
- Oublier la réintégration sur le 2058-A : la fraction excédentaire déduite par défaut est le premier point vérifié en contrôle.
- Ne pas exiger la facturation séparée de la batterie : sans ligne dédiée sur la facture, l'amortissement hors plafond est perdu, sans rattrapage possible.
- Négliger le prorata temporis la première année (et l'exercice supplémentaire en fin de plan).
- Déduire 100 % du loyer de LLD sans réclamer l'attestation de réintégration du loueur.
- Appliquer le plafond à un utilitaire (N1) : les VU sont amortissables intégralement, sans plafonnement.
- Oublier la déduction de l'AND à la cession, ce qui conduit à surpayer l'impôt sur la plus-value.
Que retenir selon votre rôle dans l'entreprise ?
L'amortissement ne se pilote pas de la même façon selon la casquette. Voici l'essentiel, poste par poste, pour transformer la règle fiscale en décision concrète.
Votre rôle | Ce qui compte pour vous | L'action prioritaire |
|---|---|---|
DAF / comptable | Réintégration AND exacte, VNC, cohérence 2058-A | Sécuriser le tableau des amortissements et la facturation batterie séparée |
Gestionnaire de flotte | Arbitrage électrique vs thermique, TVA recharge, TCO | Privilégier les VE < 20 g et tracer les kWh de recharge domicile |
Dirigeant | Économie d'impôt globale et anticipation de la revente | Valider la stratégie électrification + remboursement recharge domicile |
FAQ
30 000 € de base déductible pour un véhicule émettant moins de 20 g de CO₂/km (WLTP). La part du prix au-delà de ce plafond est réintégrée au résultat fiscal chaque année.
Oui, à condition qu'elle soit facturée séparément (ligne distincte sur la facture ou location de batterie). Elle est alors amortie intégralement sur sa durée d'usage, de 4 à 8 ans, sans plafonnement.
On applique la formule (prix TTC − plafond) × taux d'amortissement (20 %/an), au prorata temporis la première année. Le montant obtenu est réintégré extra-comptablement sur le tableau 2058-A.
Non. Les utilitaires légers (catégorie N1) échappent au plafonnement et sont amortissables intégralement, quelle que soit leur valeur.
Oui, indirectement. Le loueur indique la part d'amortissement incluse dans le loyer, plafonnée selon le barème CO₂. La fraction excédentaire doit être réintégrée par le locataire ; réclamez l'attestation annuelle.
Oui, à 100 %, contre seulement 80 % pour l'essence et le gazole sur un véhicule de tourisme. Il faut disposer de justificatifs rattachant les kWh à un usage professionnel.
La plus-value (prix de cession − valeur nette comptable) est imposée à court terme à hauteur des amortissements déduits. La fraction d'amortissement réintégrée peut être déduite pour éviter une double imposition.
Non : l'amortissement est un atout, mais l'écart de TCO se joue surtout sur l'énergie. La recharge à domicile, 2 à 3 fois moins chère que l'itinérance publique, est le vrai gisement d'économie, à condition de la rembourser au coût réel et conforme URSSAF.
Article rédigé par Aubin Aycaguer, Chief of Staff chez Voltaback. Voltaback aide plus de 180 entreprises, dont plus de 15 % du CAC 40, à suivre et rembourser la recharge à domicile de leurs flottes électriques au coût réel et en conformité URSSAF, avec une solution 100 % logicielle.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas l'avis de votre expert-comptable.
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