Amortissement véhicule électrique 2026 : plafonds et règles fiscales

L'amortissement d'un vehicule electrique acheté par une entreprise en 2026 reste plafonné à 30 000 € de base déductible pour les modèles émettant moins de 20 g de CO2/km (norme WLTP). Au delà de ce plafond, la fraction excédentaire est réintégrée au résultat fiscal chaque année, au taux linéaire de 20 % sur 5 ans, via le tableau 2058-A.
Bonne nouvelle souvent ignorée : la batterie facturée séparément s'amortit hors plafond, sur sa durée d'usage. Cet article s'adresse aux DAF, comptables, gestionnaires de flotte et dirigeants qui veulent maximiser la déductibilité en toute conformité.
Plafonds d'amortissement 2026 en un coup d'oeil, par tranche d'émissions de CO2 (véhicule de tourisme, catégorie M1) :
Motorisation (émissions CO2 WLTP) | Plafond d'amortissement 2026 |
|---|---|
Électrique (moins de 20 g/km) | 30 000 € |
Hybride rechargeable (20 à 49 g/km) | 20 300 € |
Thermique ou hybride (50 à 160 g/km) | 18 300 € |
Forte émission (plus de 160 g/km) | 9 900 € |
Utilitaire léger (VU, catégorie N1) | Aucun plafond |

Source : article 39, 4 du CGI et BOI-BIC-AMT-20-40-50. Le barème WLTP s'applique aux véhicules immatriculés depuis mars 2020. Seuls les véhicules de tourisme (catégorie M1) sont plafonnés ; les utilitaires (catégorie N1) ne le sont pas.
Exemple chiffré. Une entreprise achète un véhicule électrique de tourisme 42 000 € TTC, amorti en linéaire sur 5 ans (20 % par an).
L'annuité comptable est de 42 000 × 20 % = 8 400 €, mais seule la part de 30 000 × 20 % = 6 000 € est déductible. La différence, soit (42 000 − 30 000) × 20 % = 2 400 € par an, est réintégrée au résultat fiscal sur le tableau 2058-A, soit 12 000 € au total sur 5 ans.

Quels sont les plafonds d'amortissement 2026 par motorisation ?
Le plafond de déductibilité 2026 dépend uniquement des émissions de CO2 (cycle WLTP) du véhicule de tourisme (catégorie M1). Pour un électrique (moins de 20 g), la base amortissable déductible est de 30 000 € ; pour un hybride rechargeable (20 à 49 g), elle tombe à 20 300 €.
Un thermique ou hybride classique de 50 à 160 g est plafonné à 18 300 €, et au delà de 160 g à seulement 9 900 €. Ces montants s'entendent TTC (la TVA sur l'achat d'un véhicule de tourisme n'étant pas récupérable).
Le prix payé au dessus du plafond n'est pas perdu comptablement, mais il n'ouvre aucune déduction fiscale. C'est précisément ce qui rend l'électrique attractif : avec 30 000 € de base contre 18 300 € pour un thermique équivalent, l'écart de déductibilité atteint 11 700 € sur la durée d'amortissement.
Motorisation (émissions WLTP) | Plafond amortissement 2026 | Écart vs électrique |
|---|---|---|
Électrique (moins de 20 g CO2/km) | 30 000 € | référence |
Hybride rechargeable (20 à 49 g) | 20 300 € | - 9 700 € |
Thermique / hybride (50 à 160 g) | 18 300 € | - 11 700 € |
Fortement émetteur (plus de 160 g) | 9 900 € | - 20 100 € |
Utilitaire léger (VU, catégorie N1) | Pas de plafond | déduction intégrale |
Attention à la norme de mesure : le barème WLTP vise les véhicules immatriculés depuis mars 2020, le barème NEDC ceux immatriculés avant. Les seuils de CO2 diffèrent légèrement d'un barème à l'autre, mais les quatre plafonds (30 000, 20 300, 18 300 et 9 900 €) sont identiques.
Plafond 2026 | Barème WLTP (immat. depuis mars 2020) | Barème NEDC (immat. avant mars 2020) |
|---|---|---|
30 000 € | moins de 20 g/km | moins de 20 g/km |
20 300 € | 20 à 49 g/km | 20 à 59 g/km |
18 300 € | 50 à 160 g/km | 60 à 130 g/km |
9 900 € | plus de 160 g/km | plus de 130 g/km |
Voir le pilier fiscalité entreprise pour le tableau complet des avantages, et le détail réglementaire dans BOI-BIC-AMT-20-40-50.
Comment calculer la réintégration fiscale (AND) pas à pas ?
La réintégration correspond à l'amortissement non déductible (AND) : la part d'annuité qui porte sur la fraction du prix dépassant le plafond. Le calcul tient en une formule : (prix TTC − plafond) × taux d'amortissement, appliquée au prorata temporis la première et la dernière année.
Prenons un VE acheté 45 000 € TTC le 1er janvier, amorti en linéaire à 20 % sur 5 ans. L'annuité comptable est de 45 000 × 20 % = 9 000 €.
L'annuité fiscalement déductible est plafonnée à 30 000 × 20 % = 6 000 €. La différence, soit 3 000 € par an, constitue l'AND à réintégrer extra comptablement sur le tableau 2058-A.
Sur 5 ans, l'entreprise réintègre au total (45 000 − 30 000) = 15 000 €. Si le véhicule était mis en service le 1er juillet, la première annuité serait calculée sur 6 mois (prorata), l'amortissement se poursuivant sur un exercice supplémentaire.
Année | Annuité comptable (9 000 €) | Annuité déductible (6 000 €) | AND réintégré |
|---|---|---|---|
An 1 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
An 2 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
An 3 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
An 4 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
An 5 | 9 000 € | 6 000 € | 3 000 € |
Total | 45 000 € | 30 000 € | 15 000 € |
Peut-on amortir la batterie séparément, hors plafond ?
Oui, et c'est le levier le plus rentable du dossier. Lorsque la batterie fait l'objet d'une facturation distincte (ligne séparée sur la facture d'achat, ou contrat de location de batterie), l'administration la considère comme une immobilisation à part entière (Source : BOI-BIC-AMT-20-40-50).
Elle échappe alors totalement au plafond de 30 000 € et s'amortit intégralement, sur sa durée d'usage réelle (4 à 8 ans). Reprenons le VE à 45 000 €, dont 12 000 € de batterie facturés séparément.
Le véhicule « nu » vaut 33 000 € : l'AND ne porte plus que sur 33 000 − 30 000 = 3 000 € au total, contre 15 000 € sans séparation. Les 12 000 € de batterie deviennent 100 % déductibles.
Résultat : environ 12 000 € de base déductible récupérée, soit près de 3 000 € d'IS économisé (à 25 %). La condition est simple mais impérative : exiger une facturation détaillée au moment de l'achat ou du contrat.
Sans mention séparée sur la facture, aucun retraitement n'est possible a posteriori.
Quelle différence entre amortissement comptable et fiscal ?
La distinction est la source d'erreur la plus fréquente. L'amortissement comptable enregistre la dépréciation économique réelle du véhicule dans les comptes : il porte sur 100 % du prix, quel que soit le plafond.
Dans notre exemple, ce sont bien 9 000 € qui sont comptabilisés chaque année en charge (compte 6811). L'amortissement fiscal, lui, ne reconnaît la déduction que dans la limite du plafond, soit 6 000 €.
L'écart de 3 000 € n'est pas supprimé des comptes : il est réintégré extra comptablement au résultat fiscal, sur le tableau 2058-A, ligne des amortissements excédentaires. Autrement dit, vous passez bien la charge en comptabilité, mais vous rajoutez la fraction non déductible au bénéfice imposable.
Cette gymnastique n'a aucun impact sur le résultat comptable (donc sur les capitaux propres affichés), seulement sur l'assiette de l'impôt sur les sociétés. Ne jamais bloquer l'amortissement comptable au niveau du plafond : ce serait une double erreur, comptable et de calcul de plus value future.
Comment fonctionne le plafonnement en LLD (location longue durée) ?
En LLD ou crédit-bail, l'entreprise n'inscrit pas le véhicule à son actif : elle déduit des loyers. Le plafond ne disparaît pas pour autant, il est simplement transféré.
Le loueur communique chaque année la part d'amortissement incluse dans le loyer, et c'est cette fraction qui est plafonnée selon le barème CO2 (30 000 € pour un électrique). La quote part de loyer correspondant à l'amortissement de la valeur excédant le plafond doit être réintégrée par le locataire, exactement comme pour un achat.
Les autres composantes du loyer (entretien, assurance, financement, services) restent, elles, intégralement déductibles. En pratique, le loueur fournit une attestation annuelle de réintégration : c'est le document à réclamer systématiquement pour sécuriser la liasse.

Beaucoup d'entreprises l'oublient et déduisent 100 % du loyer par défaut, ce qui constitue un risque en cas de contrôle. Pour le détail des contrats et de leur traitement, voir notre guide fiscalité en LLD.
La TVA sur l'électricité de recharge est-elle récupérable ?
Oui, et c'est un avantage décisif du 100 % électrique face au thermique. La TVA sur l'électricité consommée pour recharger un véhicule d'entreprise est récupérable à 100 %, qu'il s'agisse d'un véhicule de tourisme ou d'un utilitaire.
À titre de comparaison, la TVA sur l'essence et le gazole n'est déductible qu'à 80 % pour les véhicules de tourisme. Sur le carburant, une flotte thermique laisse donc mécaniquement filer 20 % de TVA.
Concrètement, chaque euro de TVA sur les kWh de recharge revient dans les caisses de l'entreprise, à condition de disposer de justificatifs conformes rattachant la dépense à un véhicule professionnel. C'est simple pour la recharge sur borne publique facturée à l'entreprise ; cela devient un vrai sujet quand le collaborateur recharge à son domicile et avance l'électricité sur sa facture personnelle.
La traçabilité de ces kWh conditionne à la fois la récupération de TVA et la conformité du remboursement. Voir aussi le remboursement URSSAF des frais de recharge.
Quel est l'impact fiscal de la cession du véhicule ?
À la revente, l'entreprise dégage une plus value (ou moins value) professionnelle égale à la différence entre le prix de cession et la valeur nette comptable (VNC), c'est à dire le prix d'achat diminué des amortissements comptables pratiqués. Pour un bien amortissable, la plus value est imposée en court terme à hauteur des amortissements déduits, donc au taux de l'IS.
Point de vigilance propre aux véhicules plafonnés : la fraction d'amortissement qui avait été réintégrée (l'AND, non déduite fiscalement) peut être déduite du résultat au moment de la cession, afin d'éviter une double imposition. Sur notre VE à 45 000 €, les 15 000 € réintégrés au fil des ans viennent minorer la plus value taxable à la sortie.
Si le véhicule est totalement amorti (VNC de 0 ou proche), la quasi totalité du prix de revente devient une plus value imposable : la revente d'un VE cédé à bon prix mérite donc d'être anticipée avec le comptable. La batterie amortie séparément suit le même raisonnement sur sa propre VNC.
Ce que l'amortissement change vraiment pour le TCO
L'amortissement ne se lit jamais seul : il pèse dans le coût total de possession (TCO) aux côtés de l'énergie, de l'entretien, de l'assurance et de la fiscalité de l'usage. L'électrique cumule ici les atouts : base déductible supérieure (30 000 € contre 18 300 €), batterie hors plafond, TVA de recharge à 100 %, exonération de malus et avantage en nature plus léger.
Mais le poste qui fait vraiment décrocher le TCO d'une flotte, c'est l'énergie : la recharge à domicile revient souvent 2 à 3 fois moins cher que l'itinérance publique. Encore faut il rembourser ces kWh au collaborateur proprement, au coût réel et sans redressement.
C'est exactement ce que fait Voltaback : une solution 100 % logicielle qui suit chaque recharge à domicile et génère un justificatif conforme URSSAF (rescrit URSSAF à l'appui, précision certifiée Bureau Veritas moins de 2 %), sans aucun matériel à poser ni à configurer. Plus de 200 entreprises l'utilisent, dont plus de 20 % du CAC 40, comme Equans, BNP Paribas, Lyreco et Sodexo.
Une fois l'amortissement optimisé côté DAF, le remboursement de la recharge domicile est le dernier gisement d'économie de la flotte.
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Les erreurs fréquentes et les points de contrôle
La plupart des redressements et déductions perdues viennent de quelques oublis récurrents. Voici la checklist à passer en revue avant de clôturer l'exercice :
- Bloquer l'amortissement comptable au plafond : erreur classique. On amortit 100 % du prix en comptabilité, on réintègre seulement la part excédentaire en fiscal.
- Oublier la réintégration sur le 2058-A : la fraction excédentaire déduite par défaut est le premier point vérifié en contrôle.
- Ne pas exiger la facturation séparée de la batterie : sans ligne dédiée sur la facture, l'amortissement hors plafond est perdu, sans rattrapage possible.
- Négliger le prorata temporis la première année (et l'exercice supplémentaire en fin de plan).
- Déduire 100 % du loyer de LLD sans réclamer l'attestation de réintégration du loueur.
- Appliquer le plafond à un utilitaire (N1) : les VU sont amortissables intégralement, sans plafonnement.
- Oublier la déduction de l'AND à la cession, ce qui conduit à surpayer l'impôt sur la plus value.
Que retenir selon votre rôle dans l'entreprise ?
L'amortissement ne se pilote pas de la même façon selon la casquette. Voici l'essentiel, poste par poste, pour transformer la règle fiscale en décision concrète.
Votre rôle | Ce qui compte pour vous | L'action prioritaire |
|---|---|---|
DAF / comptable | Réintégration AND exacte, VNC, cohérence 2058-A | Sécuriser le tableau des amortissements et la facturation batterie séparée |
Gestionnaire de flotte | Arbitrage électrique vs thermique, TVA recharge, TCO | Privilégier les VE moins de 20 g et tracer les kWh de recharge domicile |
Dirigeant | Économie d'impôt globale et anticipation de la revente | Valider la stratégie électrification et remboursement recharge domicile |
FAQ
En 2026, la base d'amortissement déductible d'un véhicule électrique de tourisme (moins de 20 g CO2/km, norme WLTP) est plafonnée à 30 000 €. C'est le plafond le plus favorable du barème (contre 18 300 € pour un thermique de 50 à 160 g). Source : article 39, 4 du CGI et BOI-BIC-AMT-20-40-50.
La formule est : (prix TTC − plafond) × taux d'amortissement. Exemple pour un VE à 45 000 € amorti sur 5 ans (20 %/an) : (45 000 − 30 000) × 20 % = 3 000 € par an à réintégrer sur le tableau 2058-A, soit 15 000 € au total. Source : article 39, 4 du CGI.
L'amortissement comptable porte sur 100 % du prix et passe en charge (compte 6811). L'amortissement fiscal est limité au plafond (30 000 € pour un VE). L'écart, non déductible, est réintégré extra comptablement au résultat fiscal via le tableau 2058-A. La charge reste comptabilisée, seule l'assiette de l'IS augmente.
La base déductible est plafonnée à 30 000 €, soit 6 000 € d'amortissement déductible par an sur 5 ans. Les 15 000 € au dessus du plafond sont réintégrés (3 000 €/an). En facturant la batterie séparément, cette part sort du plafond et redevient déductible. Source : article 39, 4 du CGI et BOI-BIC-AMT-20-40-50.
Oui. Quand la batterie est facturée distinctement (ligne séparée ou contrat de location de batterie), elle est traitée comme une immobilisation à part et s'amortit hors plafond, à 100 %, sur sa durée d'usage (4 à 8 ans). Sans mention séparée sur la facture, aucun rattrapage n'est possible. Source : BOI-BIC-AMT-20-40-50.
Non. Le plafond ne concerne que les véhicules de tourisme (catégorie M1). Les utilitaires (catégorie N1) sont amortissables intégralement, sans aucun plafond, quel que soit leur prix. Source : article 39, 4 du CGI.
Oui, il est simplement transféré. Le loueur indique chaque année la part d'amortissement incluse dans le loyer, plafonnée selon le barème CO2 (30 000 € pour un VE) ; la fraction excédentaire est réintégrée par le locataire. Réclamez l'attestation annuelle de réintégration du loueur pour sécuriser la liasse.
Le plafond de 30 000 € s'applique dans les deux cas : il n'existe pas de contournement par la location.
En achat, le véhicule entre à l'actif, vous gérez l'amortissement et la plus value à la revente. En LLD, vous déduisez des loyers (dont la part d'amortissement est plafonnée), sans risque de revente, mais devez réclamer l'attestation de réintégration. Le choix se joue sur la trésorerie et la gestion, pas sur un avantage fiscal du plafond.
Oui, à 100 %, pour les véhicules de tourisme comme pour les utilitaires. C'est un avantage net sur le thermique, dont la TVA sur l'essence et le gazole n'est déductible qu'à 80 % pour les véhicules de tourisme. La récupération suppose des justificatifs conformes rattachés à un véhicule professionnel.
La part du prix au dessus de 30 000 € n'ouvre aucune déduction fiscale. Pour un VE à 42 000 €, les 12 000 € excédentaires génèrent 2 400 € de réintégration par an sur 5 ans (12 000 € au total). Facturer la batterie séparément fait sortir cette valeur du plafond et annule une partie de ce coût.
Trois leviers cumulables : privilégier des VE sous les 20 g CO2/km pour le plafond de 30 000 € ; exiger la facturation séparée de la batterie pour amortir cette part hors plafond ; viser des modèles dont le prix « nu » reste proche de 30 000 € pour minimiser l'AND.
Côté usage, tracer les kWh de recharge à domicile sécurise la TVA (100 %) et le remboursement conforme URSSAF, premier gisement d'économie d'une flotte électrifiée.
En pratique, un véhicule d'entreprise s'amortit en linéaire sur 5 ans (20 % par an) ; le mode dégressif est exclu pour les véhicules de tourisme. La batterie facturée séparément suit sa propre durée d'usage, généralement 4 à 8 ans. La première et la dernière année sont calculées au prorata temporis.
Article rédigé par Aubin Aycaguer, Chief of Staff chez Voltaback. Voltaback aide plus de 200 entreprises à suivre et rembourser la recharge à domicile de leurs flottes électriques au coût réel et en conformité URSSAF, avec une solution 100 % logicielle.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas l'avis de votre expert comptable.
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