Infrastructure de recharge : définition, architecture et règles en Belgique
Infrastructure de recharge (IRVE en France) : définition, composants, 4 modes de charge, puissances, RGIE, contrôle et déclaration de la borne en Belgique.
Aubin Aycaguer, Chief of Staff, Voltaback28 juil. 2026

Une infrastructure de recharge, c'est tout le système qui recharge une voiture électrique, du tableau électrique jusqu'à la voiture, et pas seulement la borne. En France, on l'appelle IRVE (infrastructure de recharge pour véhicules électriques) ; en Belgique, on parle simplement d'infrastructure de recharge ou de borne.
En bref. Une infrastructure de recharge réunit le point de charge (prise renforcée ou borne), la ligne électrique dédiée, les protections et, selon l'usage, le comptage et la supervision. En Belgique, elle doit respecter le RGIE (Règlement général sur les installations électriques), passer un contrôle de conformité par un organisme agréé et être déclarée au gestionnaire de réseau. Source : ORES
Pour une flotte, l'infrastructure sert à recharger. Pour rembourser la recharge à domicile des collaborateurs, une borne connectée n'est pas nécessaire : Voltaback relève chaque recharge sur l'installation déjà en place et applique le tarif réel du contrat du collaborateur, pertes de charge incluses, ou le forfait CREG.
Cet article s'adresse aux gestionnaires de flotte, aux responsables IT et techniques et aux directeurs financiers qui veulent comprendre l'architecture d'une infrastructure de recharge avant de décider quoi installer, et surtout comment en piloter le coût réel.
Qu'est-ce qu'une infrastructure de recharge ?
Une infrastructure de recharge est l'ensemble de l'installation qui amène l'électricité du tableau électrique jusqu'à la batterie : le point de charge, la ligne dédiée, les protections et, selon l'usage, le compteur et le logiciel de supervision. En anglais, on parle d'EVSE (Electric Vehicle Supply Equipment).
Une infrastructure de recharge n'est donc pas une borne. La borne n'est qu'une brique du système. Une prise renforcée posée sur un circuit dédié avec son disjoncteur et son différentiel en est une, elle aussi.
Pourquoi la nuance compte : le prix, la sécurité et la conformité se jouent sur l'ensemble de la chaîne. Une belle borne branchée sur un circuit partagé ne passera pas le contrôle.
L'essentiel en 5 points
- Définition : l'infrastructure de recharge couvre tout le système, du tableau électrique à la voiture (EVSE en anglais).
- Composants : un point de charge (prise renforcée ou borne), une ligne dédiée, des protections, et si besoin un compteur et une supervision.
- Puissance : de 2,3 kW (prise classique, dépannage) à 22 kW (borne triphasée). À domicile, 3,7 kW ou 7,4 kW couvrent la plupart des besoins.
- Règles belges : installation conforme au RGIE, contrôle par un organisme agréé, déclaration de la borne à Fluvius, ORES, RESA ou Sibelga.
- Rembourser la recharge : une installation reste nécessaire pour recharger, mais une borne connectée n'est pas obligatoire pour être remboursé au coût réel.
De quoi est composée une infrastructure de recharge : brique par brique
Une infrastructure de recharge s'organise en cinq briques, de l'arrivée réseau jusqu'à la voiture. Les trois premières sont indispensables partout. Les deux dernières dépendent de l'usage : elles deviennent nécessaires dès qu'il faut partager, piloter ou refacturer la recharge.
Le point de charge (prise renforcée, wallbox ou borne)
Le point de charge lui-même, de la prise renforcée murale à la station sur pied. C'est l'interface entre le réseau et la voiture, avec sa prise (Type 2 en courant alternatif, CCS Combo en courant continu). C'est la partie visible, mais pas la plus déterminante pour la conformité. À domicile, une prise renforcée de 3,7 kW est le point de charge le plus courant et le moins cher.
La ligne électrique dédiée
Une ligne spécifique tirée depuis le tableau, dimensionnée pour la puissance du point de charge. Un point de recharge ne se branche jamais sur un circuit partagé : l'organisme agréé vérifie ce circuit lors du contrôle de conformité au RGIE.
Les protections
Disjoncteur dédié et différentiel adapté (type A avec détection du courant continu résiduel, ou type B selon la borne). C'est le cœur de la sécurité électrique, et le point le plus regardé lors du contrôle.
Le comptage
Un compteur d'énergie mesure les kWh délivrés au point de charge. Il devient indispensable quand plusieurs utilisateurs partagent une installation (parking d'entreprise, copropriété) et qu'il faut refacturer chacun. On exige en général un compteur certifié MID (directive européenne 2014/32/UE). À domicile, pour rembourser un collaborateur, le compteur MID n'est pas la seule voie : une mesure logicielle fiable de chaque recharge, valorisée au prix réel du kWh du contrat, fait le même travail.
La supervision (logiciel)
La couche logicielle qui pilote le point de charge à distance (démarrage et arrêt, limitation de puissance, remontée des sessions). Elle passe souvent par le protocole OCPP sur les installations professionnelles.
Les quatre modes de charge, dans un tableau
Le mode de charge décrit le niveau de sécurité et de communication entre la voiture et l'infrastructure. Il est normalisé par la norme internationale IEC 61851-1 (EN IEC 61851-1 en Europe), qui définit quatre modes. Ne les confondez pas avec les types de prises : le mode décrit la chaîne de sécurité, pas le connecteur.
Mode de charge | Prise et connexion | Puissance indicative | Usage typique |
|---|---|---|---|
Mode 1 | Prise domestique, sans dispositif de sécurité dédié dans le câble | Jusqu'à 2,3 kW environ | Vélos, trottinettes. Pas pour recharger une voiture. |
Mode 2 | Prise domestique ou prise renforcée, câble avec boîtier de contrôle intégré | 1,8 à 2,3 kW sur prise classique ; 3,7 kW sur prise renforcée avec un câble Mode 2 16 A | Recharge quotidienne à domicile sur prise renforcée ; dépannage sur prise classique. |
Mode 3 | Borne ou wallbox dédiée, connecteur Type 2, courant alternatif | 3,7 à 22 kW | Recharge de référence à domicile et sur le parking de l'entreprise. |
Mode 4 | Borne rapide en courant continu (CCS Combo, CHAdeMO), conversion hors de la voiture | De 50 kW à plus de 350 kW | Recharge rapide sur autoroute et stations publiques. |

Les quatre modes de charge normalisés par l'IEC 61851-1. Le Mode 3 est la référence pour une flotte.
Pour une flotte, le Mode 3 et le Mode 2 sur prise renforcée couvrent le quotidien, à domicile comme sur site. Le Mode 4 sert l'itinérance. La prise classique en Mode 2 reste un dépannage : elle n'est pas faite pour tenir une charge longue chaque nuit. Pour atteindre 3,7 kW sur prise renforcée, il faut le bon câble Mode 2 16 A.
Quelle puissance pour une infrastructure de recharge : de 2,3 à 22 kW
La puissance dépend du raccordement du logement (monophasé ou triphasé), de l'intensité du circuit et du chargeur embarqué de la voiture. En courant alternatif, c'est souvent la voiture qui fixe la limite : une borne de 22 kW ne charge pas plus vite une voiture limitée à 7,4 ou 11 kW.
Puissance | Alimentation | Point de charge type | Contrôle et déclaration | Km récupérés en une nuit de 10 h* |
|---|---|---|---|---|
2,3 kW | Monophasé, 10 A | Prise classique (dépannage) | Rien de spécifique si la prise existe déjà | Environ 100 km |
3,7 kW | Monophasé, 16 A | Prise renforcée + câble Mode 2 16 A, ou petite borne | Contrôle par un organisme agréé et déclaration au gestionnaire de réseau | Environ 160 km |
7,4 kW | Monophasé, 32 A | Wallbox | Contrôle par un organisme agréé et déclaration | Environ 320 km (dans la limite de la batterie) |
11 kW | Triphasé, 16 A | Wallbox triphasée | Contrôle par un organisme agréé et déclaration | Batterie pleine pour la plupart des modèles |
22 kW | Triphasé, 32 A | Borne triphasée | Contrôle par un organisme agréé et déclaration | Utile seulement si la voiture accepte 22 kW en courant alternatif |
*Hypothèse : 23 kWh pour 100 km mesurés à la prise, pertes de charge incluses. Formule : puissance × 10 h ÷ 0,23. ORES considère une borne de 3,7 kW ou plus comme une modification importante de l'installation, qui demande en général le passage d'un organisme agréé. Source : ORES
À domicile, une prise renforcée suffit à la plupart des conducteurs : un collaborateur qui roule 25 000 km par an fait environ 115 km par jour travaillé. Pour savoir ce qu'il vous faut vraiment, faites le test prise renforcée ou borne en 2 minutes.
Qui peut installer une borne de recharge en Belgique ?
En Belgique, le point de passage obligé n'est pas une qualification de l'installateur, mais le contrôle de conformité. L'installation doit respecter le RGIE, puis être contrôlée par un organisme agréé (comme Vinçotte ou BTV) avant la mise en service. Il vérifie notamment le schéma unifilaire, les protections, le type de différentiel et la résistance de terre.
Trois démarches en pratique :
- Faire poser par un électricien : c'est le moyen le plus simple de passer le contrôle du premier coup et de rester couvert par votre assurance.
- Faire contrôler l'installation par un organisme agréé, qui remet un procès-verbal de contrôle. Gardez-le : votre assureur peut le demander après un sinistre.
- Déclarer la borne au gestionnaire de réseau : Fluvius en Flandre, ORES ou RESA en Wallonie, Sibelga à Bruxelles. À Bruxelles, la pose d'une borne à domicile s'accompagne aussi du placement d'un compteur intelligent (Sibelga).
Bon à savoir : une révision du RGIE s'applique depuis le 1er avril 2026 aux installations nouvelles ou modifiées. Demandez à votre installateur de travailler selon la version en vigueur.
Passer outre expose à des risques réels : sécurité (électrocution, incendie) et refus d'indemnisation par l'assureur après un sinistre. Pour une flotte, c'est un point de conformité non négociable.
Les normes d'une infrastructure de recharge
Une infrastructure de recharge respecte deux familles de règles :
- Installation électrique : le RGIE, qui encadre le circuit dédié, le disjoncteur et la protection différentielle, et impose le contrôle de conformité.
- Matériel de charge : la série IEC / EN IEC 61851 (sécurité et communication entre la voiture et le point de charge) et la norme des connecteurs Type 2.
Infrastructure de recharge à domicile ou en entreprise : ce qui change
À domicile | Sur le parking de l'entreprise | |
|---|---|---|
Point de charge courant | Prise renforcée 3,7 kW ou wallbox 7,4 kW | Bornes de 7,4 à 22 kW, parfois bornes rapides |
Contrôle et déclaration | Contrôle RGIE et déclaration de la borne | Contrôle RGIE et déclaration de chaque borne |
Comptage | Pas obligatoire pour recharger | Utile dès qu'on partage ou refacture |
Supervision | Optionnelle | Fréquente (partage, délestage, badges) |
Obligations d'équipement | En copropriété : passer par l'association des copropriétaires et le syndic | Bâtiments non résidentiels de plus de 20 places : points de recharge obligatoires depuis 2025, selon les règles de chaque Région |
Qui paie l'électricité | Le conducteur, puis l'employeur rembourse (coût réel ou forfait CREG) | L'entreprise directement |
Pour une mise en place sur site, voir notre guide de l'installation de bornes en entreprise.
Combien coûte une infrastructure de recharge au juste besoin
Le coût dépend d'abord du point de charge choisi. Notre simulateur des solutions de recharge à domicile retient ces hypothèses, matériel et pose compris :
Installation à domicile | Hypothèse du simulateur | Part des conducteurs dans le simulateur |
|---|---|---|
Prise renforcée sur un circuit existant | 300 € | 50 % |
Borne non connectée | 1 300 € | 30 % |
Installation déjà en place | 0 € | 20 % |
Moyenne au juste besoin | Environ 540 € par voiture | |
Borne connectée (pour comparaison) | Environ 2 200 € par voiture |
Ces montants sont des hypothèses de calcul, pas un devis. Une prise renforcée avec une nouvelle ligne depuis le tableau coûte plus cher, câble Mode 2 en plus (95-210 €), et il faut compter le contrôle par l'organisme agréé. Le prix réel dépend de la distance au tableau, de l'état de l'installation et de la puissance. Pour un chiffrage chez vous ou chez vos collaborateurs, comparez des devis d'installateurs.
Prise renforcée ou borne : de quoi vos conducteurs ont-ils vraiment besoin ? Répondez à 5 questions et obtenez la puissance adaptée, sans payer de matériel superflu : faire le test (2 min).
Rembourser la recharge : la borne connectée n'est pas obligatoire
Une installation reste toujours nécessaire pour recharger chez soi : au minimum une prise renforcée sur circuit dédié. La vraie question pour une entreprise est ailleurs : faut-il une borne connectée pour mesurer et rembourser la recharge à domicile de ses collaborateurs ?
Non. La borne connectée est une façon de mesurer, pas la seule. Pour rembourser hors ATN, il faut une consommation de la voiture mesurée et isolée de celle du ménage, puis un prix du kWh admis : le coût réel du contrat ou le forfait CREG. Une borne demande en plus une maintenance (protections, connecteurs, mises à jour) : sur un parc, ce poste s'ajoute chaque année au coût du matériel.
C'est ce que fait Voltaback, en logiciel, sur l'installation déjà en place :
- Compatible avec toute installation : prise classique, prise renforcée, borne connectée ou non, toutes marques, avec ou sans compteur numérique, en maison comme en appartement.
- Chaque recharge relevée, pertes de charge incluses, avec un écart de mesure de 1,22 % relevé lors d'un audit Bureau Veritas. Voltaback s'appuie sur le compteur certifié MID du logement, pas sur un compteur de câble isolé.
- Remboursement au coût réel ou au forfait CREG, avec un justificatif mensuel, sans saisie manuelle. Voltaback est certifié ISO 27001 et conforme au RGPD.
Plus de 200 entreprises, dont 20 % du CAC 40 (Sodexo, Equans, BNP Paribas, Lyreco), remboursent ainsi la recharge à domicile de leurs conducteurs sans équiper chaque domicile d'une borne connectée. Voir l'alternative à la borne connectée pour vos salariés et la méthode pour rembourser la recharge à domicile au coût réel.
Rembourser la recharge à domicile sans borne connectée. Calculez l'économie pour votre flotte, puis demandez une démo : 30 minutes sur vos propres voitures.
Questions fréquentes sur l'infrastructure de recharge
Une infrastructure de recharge est l'ensemble du système qui recharge une voiture électrique : le point de charge, la ligne électrique dédiée, les protections et, selon l'usage, le comptage et la supervision. Ce n'est pas seulement la borne. Pour savoir quel point de charge il vous faut, faites le test prise ou borne.
IRVE est le sigle français de « infrastructure de recharge pour véhicules électriques ». En Belgique, on parle plutôt d'infrastructure de recharge ou de borne, et ce sont les règles belges (RGIE, contrôle de conformité, déclaration au gestionnaire de réseau) qui s'appliquent.
Une borne n'est qu'un composant de l'infrastructure de recharge. L'infrastructure comprend aussi la ligne dédiée depuis le tableau, le disjoncteur, le différentiel et, si besoin, un compteur. Une prise renforcée sur un circuit dédié en est une aussi. Pour savoir si une prise suffit, faites le test prise ou borne.
En Belgique, la borne doit être installée selon le RGIE, puis contrôlée par un organisme agréé avant la mise en service et déclarée au gestionnaire de réseau. Faire poser par un électricien reste le choix le plus sûr pour passer le contrôle et rester assuré. Pour trouver un installateur, comparez des devis.
Oui, la mise en service d'une borne se déclare au gestionnaire de réseau : Fluvius en Flandre, ORES ou RESA en Wallonie, Sibelga à Bruxelles. La démarche se fait en ligne avec le code EAN du raccordement et les données techniques de la borne (ORES).
Oui en pratique, dès qu'un nouveau circuit est tiré pour la recharge : ORES considère un point de 3,7 kW ou plus comme une modification importante de l'installation, qui demande en général le passage d'un organisme agréé. Prix et étapes : installation d'une prise renforcée.
L'installation électrique relève du RGIE, contrôlé par un organisme agréé. Le matériel de charge relève de la série IEC / EN IEC 61851, qui fixe la sécurité et la communication entre la voiture et le point de charge, et les connecteurs de la norme Type 2.
La norme IEC 61851-1 définit quatre modes de charge. Mode 1 : prise sans sécurité dédiée, pas pour les voitures. Mode 2 : prise domestique ou renforcée avec boîtier de contrôle dans le câble, jusqu'à 3,7 kW. Mode 3 : borne dédiée en courant alternatif, de 3,7 à 22 kW. Mode 4 : borne rapide en courant continu, au-delà de 50 kW. Le câble adapté au Mode 2 est sur notre page câble de recharge.
Une prise renforcée de 3,7 kW suffit à la plupart des conducteurs : elle récupère environ 160 km en une nuit de 10 heures avec un câble Mode 2 16 A, sur une base de 23 kWh pour 100 km. Une wallbox de 7,4 kW devient utile au-delà d'environ 160 km par jour. Calculez votre cas avec le test prise ou borne en 2 minutes.
Selon les hypothèses du simulateur Voltaback, de 300 € (prise renforcée sur un circuit existant) à environ 1 300 € (borne non connectée), soit environ 540 € par voiture au juste besoin, contre environ 2 200 € pour une borne connectée. Ajoutez le contrôle par l'organisme agréé. Seul un devis fixe le prix réel : comparez des devis d'installateurs.
En anglais, on parle d'EVSE, pour Electric Vehicle Supply Equipment, ou d'« EV charging infrastructure ». Les termes désignent la même chose : la chaîne complète entre le réseau électrique et la voiture. Pour les questions de remboursement, voir la recharge à domicile remboursée au coût réel.
Non : il faut une consommation de la voiture mesurée et isolée de celle du ménage, puis le coût réel du kWh ou le forfait CREG, pas une borne connectée. Une installation reste nécessaire pour recharger (au minimum une prise renforcée). Voltaback relève chaque recharge sur l'installation existante : voir l'alternative à la borne connectée.
Article rédigé par Aubin Aycaguer, Chief of Staff chez Voltaback. Voltaback est la plateforme 100 % logicielle qui suit et rembourse la recharge à domicile des flottes au coût réel ou au forfait CREG, quelle que soit l'infrastructure de recharge installée.