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Entreprise 10 min de lecture

Impôts sur la voiture électrique d'entreprise en Suisse : impôt automobile fédéral et taxe cantonale en 2026

Impôt automobile de 4 % depuis 2024, taxe cantonale VD, GE, FR, NE, VS, ZH, TI : ce que paie une flotte électrique en 2026, exemple sur 20 véhicules.

Aubin Aycaguer, Chief of Staff, Voltaback3 nov. 2026

Véhicule électrique de service immatriculé en Suisse, soumis à l'impôt automobile fédéral et à la taxe cantonale

En Suisse, une voiture électrique d'entreprise paie deux impôts distincts : l'impôt fédéral sur les véhicules automobiles de 4 %, perçu une seule fois à l'importation et dû par les véhicules électriques depuis le 1er janvier 2024, et la taxe cantonale annuelle sur les véhicules, dont le montant dépend entièrement du canton d'immatriculation. Pour un même SUV électrique, la taxe annuelle va de 0 franc à Zurich à plus de 900 francs à Fribourg.

Ce guide s'adresse aux gestionnaires de flotte et aux CFO de Suisse romande. Il explique les deux impôts, compare les cantons (Vaud, Genève, Fribourg, Neuchâtel, Valais, mais aussi Zurich, Berne et le Tessin), chiffre une flotte de 20 véhicules et fait le point sur la future redevance fédérale sur les véhicules électriques. Il montre enfin que la vraie variable du coût d'une flotte électrique n'est pas l'impôt, mais l'énergie, celle que Voltaback mesure et rembourse au coût réel pour plus de 200 entreprises clientes.

L'essentiel en 30 secondes

  • Impôt automobile fédéral : 4 % de la valeur du véhicule, une seule fois, inclus dans le prix d'achat. Les véhicules électriques n'en sont plus exonérés depuis 2024.
  • Taxe cantonale : 26 systèmes différents, calculés sur le poids, la puissance et/ou le CO2.
  • Zurich exonère toujours les voitures 100 % électriques ; Vaud exonère les voitures électriques neuves pendant 24 mois ; Genève et Fribourg taxent nettement plus les gros véhicules électriques.
  • Redevance fédérale sur les véhicules électriques : en discussion, rien n'est décidé.
  • Vignette autoroutière : CHF 40.–, à ne pas confondre avec ces deux impôts.

Deux impôts différents à ne pas confondre

Avant de comparer les cantons, il faut séparer trois prélèvements qui n'ont rien à voir entre eux :

Prélèvement

Qui perçoit

Quand

Base

Impôt sur les véhicules automobiles

Confédération (OFDF)

Une fois, à l'importation

4 % de la valeur

Taxe ou impôt cantonal sur les véhicules

Canton d'immatriculation

Chaque année

Poids, puissance, CO2 selon le canton

Vignette autoroutière

Confédération

Chaque année civile

Forfait de CHF 40.–

L'impôt fédéral est invisible pour le gestionnaire de flotte : l'importateur le paie et il est compris dans le prix catalogue. La taxe cantonale, elle, est facturée chaque année au détenteur du véhicule et pèse sur le budget de fonctionnement.

L'impôt automobile fédéral de 4 % : la fin de l'exonération en 2024

La Confédération perçoit un impôt de 4 % de la valeur du véhicule sur les voitures de tourisme, ainsi que sur les petits bus et les véhicules de livraison jusqu'à 1'600 kg. Il frappe presque exclusivement les importations. Source : OFDF, impôt sur les véhicules automobiles.

Les véhicules électriques en étaient exonérés depuis la création de l'impôt en 1997. Le Conseil fédéral a supprimé cette exonération au 1er janvier 2024, en modifiant l'ordonnance sur l'imposition des véhicules automobiles. La raison est budgétaire : le manque à gagner atteignait environ CHF 78 millions en 2022 et aurait pu cumuler 2 à 3 milliards d'ici 2030, au détriment du fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA). Source : DFF, rapport explicatif du 8 novembre 2023.

Ordre de grandeur : pour un véhicule dont la valeur imposable est de CHF 50'000.–, l'impôt est de CHF 2'000.–. Il entre dans le prix d'achat, donc dans la base amortissable du véhicule. Les règles d'amortissement sont détaillées dans notre guide de la fiscalité de la voiture électrique d'entreprise.

La taxe cantonale : 26 cantons, 26 systèmes

Chaque canton fixe librement sa taxe annuelle sur les véhicules. Certains la calculent sur le poids total, d'autres sur la puissance, d'autres encore sur les émissions de CO2 ou l'étiquette-énergie. La tendance est claire : les exonérations totales des véhicules électriques disparaissent au profit de barèmes fondés sur le poids et la puissance.

Vaud : exonération de 24 mois, puis réduction de 90 %

Le canton de Vaud calcule la taxe sur le poids (CHF 0.15 par kg jusqu'à 2'500 kg, puis CHF 0.30) et la puissance (CHF 1.60 par kW jusqu'à 100 kW, puis CHF 4.–), corrigés d'un bonus ou d'un malus selon le CO2. Les voitures de tourisme électriques neuves, immatriculées pour la première fois en Suisse depuis le 1er janvier 2024, ne paient aucune taxe pendant 2 ans. Les autres véhicules électriques paient la taxe calculée sur le poids et la puissance, réduite de 90 %. Source : Canton de Vaud, taxe sur les véhicules légers.

Genève : un système qui ne favorise que les véhicules électriques légers

Genève a réformé son impôt sur les véhicules après la votation cantonale du 3 mars 2024. Les véhicules thermiques et hybrides sont taxés selon leurs émissions de CO2 par kilomètre, avec un barème progressif. Pour les véhicules électriques, seuls les modèles relativement légers bénéficient d'un avantage.

Le Tribunal administratif de première instance l'a confirmé le 15 juin 2026 : il a rejeté le recours du détenteur d'un véhicule électrique lourd, en constatant que la loi peut faire payer à un gros véhicule électrique plus qu'à un véhicule thermique peu polluant. Deux recours portant sur des véhicules thermiques ont en revanche été admis pour application erronée des taux. Source : Pouvoir judiciaire genevois, communiqué du 22 juin 2026.

Zurich, Berne, Tessin et Saint-Gall : les autres modèles

  • Zurich : les voitures purement électriques et à pile à combustible sont exonérées de la taxe de circulation ; les hybrides paient selon leur catégorie. Source : Canton de Zurich.
  • Berne : taxe calculée sur le poids total, avec un tarif propre aux véhicules à batterie et un bonus pour les voitures efficientes l'année de la première mise en circulation et les trois années suivantes.
  • Tessin : formule (masse à vide × 0,1 + kW × Kv) × K, avec un coefficient Kv de 0,2 pour l'électrique contre 2,4 pour l'essence. Pas d'exonération totale.
  • Saint-Gall : nouvelle taxe dès 2026, CHF 182.– par 1'000 kg et CHF 1.27 par kW, avec bonus ou malus selon l'étiquette-énergie. Les véhicules électriques, auparavant exonérés, sont désormais taxés. Source : Canton de Saint-Gall.

Comparatif : combien paie un SUV électrique selon le canton

Le TCS publie chaque année une comparaison des taxes cantonales pour quelques modèles types. Pour un SUV électrique puissant (Tesla Model Y Performance) et une petite citadine électrique (Dacia Spring), les montants annuels 2026 sont les suivants :

Canton

SUV électrique puissant

Petite citadine électrique

Zurich

CHF 0.–

CHF 0.–

Berne

CHF 109.–

CHF 61.–

Vaud

CHF 140.–

CHF 22.–

Valais

CHF 135.–

CHF 120.–

Neuchâtel

CHF 250.–

CHF 250.–

Tessin

CHF 278.–

CHF 115.–

Saint-Gall

CHF 669.–

CHF 150.–

Genève

CHF 720.–

CHF 120.–

Fribourg

CHF 921.–

CHF 131.–

Source : TCS, comparatif de l'impôt sur les véhicules, état février 2026.

Deux enseignements pour un gestionnaire de flotte romand. D'abord, le poids et la puissance font la différence : à Genève ou Fribourg, choisir un modèle plus léger divise la taxe par cinq ou plus. Ensuite, une voiture neuve peut bénéficier d'une exonération temporaire (24 mois à Vaud), à vérifier avec le calculateur de votre office cantonal des véhicules.

Exemple chiffré : 20 véhicules électriques à Zurich, Berne, Vaud ou Genève

Une entreprise équipe 20 collaborateurs commerciaux d'un SUV électrique puissant, d'une valeur imposable de CHF 50'000.– chacun.

Impôt automobile fédéral (une seule fois, inclus dans le prix) : 20 × CHF 2'000.– = CHF 40'000.–.

Taxe cantonale annuelle (base TCS 2026, hors exonération temporaire) :

Canton d'immatriculation

Par véhicule

20 véhicules par an

Zurich

CHF 0.–

CHF 0.–

Berne

CHF 109.–

CHF 2'180.–

Vaud

CHF 140.–

CHF 2'800.–

Genève

CHF 720.–

CHF 14'400.–

Fribourg

CHF 921.–

CHF 18'420.–

Entre Zurich et Fribourg, l'écart dépasse CHF 18'000.– par an pour la même flotte. Avec une citadine électrique, la facture genevoise tomberait à CHF 2'400.–. Le choix du modèle pèse donc souvent plus que le canton.

Pour situer ces montants : la recharge à domicile de ces 20 véhicules, à 15'000 km par an, coûte environ CHF 16'600.– par an au tarif médian suisse 2026 de 27,7 ct./kWh. L'énergie dépasse donc la taxe cantonale dans la plupart des cantons.

Flotte répartie sur plusieurs cantons : quel canton taxe ?

La taxe est due au canton d'immatriculation du véhicule, c'est-à-dire celui où il est en principe stationné et où son détenteur a son siège ou son domicile. Une entreprise dont le siège est à Lausanne mais qui affecte des véhicules à une succursale genevoise doit en principe les immatriculer à Genève.

Ce n'est donc pas un levier d'optimisation libre : immatriculer toute la flotte dans un canton avantageux sans lien réel avec le lieu de stationnement expose à une correction par l'office cantonal des véhicules. En revanche, la répartition par canton doit être intégrée au budget de chaque entité.

Leasing et véhicules privés des collaborateurs : qui paie ?

En leasing, la taxe cantonale est facturée au détenteur inscrit sur le permis de circulation, en général le preneur de leasing, c'est-à-dire l'entreprise. Le contrat précise qui la supporte en définitive ; dans la plupart des contrats de leasing de flotte, elle reste à la charge du preneur. Notre article sur la fiscalité de la voiture électrique en leasing détaille le reste du contrat.

Pour les véhicules privés utilisés par les collaborateurs pour des déplacements professionnels, la taxe cantonale est payée par le collaborateur. L'entreprise la couvre indirectement par l'indemnité kilométrique de CHF 0.75 par km prévue par le modèle de règlement des frais de la Conférence suisse des impôts (CSI).

Pour l'entreprise, la taxe cantonale est une charge d'exploitation déductible du bénéfice imposable.

Hybrides et électriques : un traitement différent

Les hybrides rechargeables ne profitent presque jamais des avantages réservés aux voitures 100 % électriques :

  • à Zurich, ils paient la taxe selon leur catégorie, sans exonération ;
  • au Tessin, leur coefficient Kv est de 1,4 (essence-électrique) ou 1,9 (diesel-électrique), contre 0,2 pour l'électrique ;
  • à Genève, ils sont taxés selon leurs émissions de CO2, comme les véhicules thermiques ;
  • à Vaud, l'exonération de 24 mois ne vise que les voitures à motorisation uniquement électrique.

Pour une flotte qui hésite entre hybride et électrique, l'écart de taxe cantonale s'ajoute à l'écart de coût d'énergie. Notre guide du verdissement de la flotte automobile propose une méthode de transition.

Et demain ? La redevance fédérale sur les véhicules électriques

Les véhicules électriques ne paient pas l'impôt sur les huiles minérales, qui finance une grande partie des routes. Pour compenser cette perte, le Conseil fédéral a mis en consultation le 26 septembre 2025 une redevance sur les véhicules électriques, avec deux variantes équivalentes :

  1. une redevance sur la prestation kilométrique des véhicules électriques ;
  2. un impôt sur l'électricité de recharge, prélevé au point de charge.

Le projet exige une modification de la Constitution fédérale, donc une votation populaire. Une entrée en vigueur est évoquée vers 2030. À ce jour, rien n'est décidé : ni la variante, ni le montant, ni la date. Source : OFROU, redevance sur les véhicules électriques.

Pour une flotte, la seconde variante aurait une conséquence directe : le prix du kWh rechargé, y compris à domicile, augmenterait. Mesurer précisément les kWh par véhicule deviendrait alors encore plus utile.

Le vrai poste d'économie : l'énergie, pas l'impôt

La taxe cantonale se décide au moment du choix du modèle et du canton d'immatriculation, puis elle ne bouge plus. L'électricité, elle, se paie chaque mois, à un prix qui varie fortement selon la commune : 24,9 ct./kWh en médiane à Genève, 30,4 ct. dans le canton de Vaud, 30,0 ct. à Neuchâtel en 2026. Source : ElCom, prix de l'électricité.

Coût d'une flotte électrique en Suisse : impôts annuels faibles, énergie de recharge à piloter

C'est le poste que Voltaback rend transparent. La plateforme, 100 % logicielle et compatible avec plus de 48 marques, mesure chaque kWh rechargé à domicile et le rembourse au tarif réel du contrat du collaborateur. Voltaback s'appuie sur le compteur certifié MID du logement, pas sur un compteur de câble autonome. L'entreprise ne reçoit jamais la géolocalisation des conducteurs, conformément à la nLPD.

Pour chiffrer ce poste sur votre flotte, utilisez le simulateur du coût de la recharge à domicile, puis intégrez-le dans votre calcul du TCO de flotte.

Questions fréquentes sur l'impôt des véhicules électriques en Suisse

Pilotez le coût réel de votre flotte électrique

Les impôts sur les véhicules électriques restent modestes et prévisibles dans la plupart des cantons romands. L'énergie de recharge, elle, représente souvent plus que la taxe cantonale, et son prix varie d'une commune à l'autre. Une mesure par véhicule vous donne le chiffre exact, chaque mois.

Pour piloter vos véhicules et vos coûts depuis un seul outil, découvrez l'espace gestionnaire Voltaback ou contactez l'équipe Voltaback.

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