Aller au contenu
Démo
Entreprise 11 min de lecture

Électrifier la flotte automobile de votre entreprise en Suisse : obligations, étapes et leviers de TCO

Électrification de flotte en Suisse : pas de quota pour les entreprises, mais règles CO2, loi climat et reporting. Étapes, recharge, TCO et CO2 évité.

Aubin Aycaguer, Chief of Staff, Voltaback3 nov. 2026

Voitures de service électriques en charge sur la place de parc d'une entreprise en Suisse romande

Non, aucune loi suisse n'oblige une entreprise à électrifier sa flotte automobile : il n'existe ni quota de véhicules électriques ni taxe sur les flottes thermiques. La pression vient d'ailleurs : des prescriptions CO2 imposées aux importateurs, de l'objectif de zéro émission nette en 2050 inscrit dans la loi sur le climat, du reporting climatique des grandes entreprises et des objectifs fixés par les groupes à leurs filiales suisses.

Ce guide s'adresse aux gestionnaires de flotte et responsables RSE de Suisse romande. Il fait le point sur le cadre légal, les chiffres du marché, une feuille de route en cinq étapes, la recharge et la mesure du CO2 évité. Voltaback, plateforme utilisée par plus de 200 entreprises, fournit la donnée qui manque à la plupart des projets : où et combien chaque véhicule recharge.

L'essentiel en 30 secondes

  • Pas d'obligation de flotte : aucun quota ni impôt ne vise les flottes d'entreprise en Suisse.
  • Importateurs : objectif moyen de 93,6 g CO2/km pour les voitures neuves de 2025 à 2029, puis 49,5 g dès 2030. Manqué en 2025, il a coûté environ CHF 97,7 millions de sanctions aux importateurs.
  • Loi sur le climat : toutes les entreprises doivent atteindre le zéro net d'ici 2050 ; la feuille de route reste facultative.
  • Marché : 22,8 % de voitures neuves 100 % électriques en 2025, 26,2 % de janvier à septembre 2026 et un record de 35,7 % en septembre 2026.
  • Clé du succès : la recharge à domicile, mesurée et remboursée au coût réel. C'est elle qui décide du TCO et de l'adhésion des conducteurs.

Existe-t-il une obligation d'électrifier sa flotte en Suisse ?

Non. Contrairement à certains pays voisins, la Suisse n'impose aucun pourcentage de véhicules à faibles émissions lors du renouvellement d'une flotte d'entreprise. Une PME vaudoise de 30 véhicules ou un groupe genevois de 500 véhicules peuvent légalement continuer à acheter des voitures thermiques.

Ce sont les importateurs qui portent l'obligation. La loi sur le CO2 révisée, en vigueur depuis le 1er janvier 2025, leur fixe une valeur cible moyenne pour les voitures de tourisme neuves : 93,6 g CO2/km de 2025 à 2029, puis 49,5 g CO2/km dès 2030. Chaque importateur dont la flotte vendue dépasse sa cible individuelle paie une sanction. Source : OFEV, prescriptions sur les émissions de CO2 des véhicules neufs et Parlement, texte de la loi sur le CO2 révisée.

En 2025, la moyenne des voitures neuves a dépassé l'objectif d'environ 7,3 g CO2/km, et les sanctions provisoires des importateurs de voitures de tourisme ont atteint environ CHF 97,7 millions, contre CHF 2,26 millions l'année précédente. Source : Conseil fédéral, exécution des prescriptions CO2 pour 2025.

Ce que cela signifie pour vous : les importateurs ont tout intérêt à vendre davantage d'électriques. Attendez-vous à des conditions de leasing et des remises plus favorables sur les électriques, et à des thermiques dont le prix intègre de plus en plus le coût des sanctions.

La loi sur le climat : zéro net en 2050, y compris pour les entreprises

La loi fédérale sur les objectifs en matière de protection du climat, sur l'innovation et sur le renforcement de la sécurité énergétique (LCl), acceptée en votation en juin 2023, est en vigueur depuis le 1er janvier 2025. Elle fixe l'objectif de zéro émission nette en 2050 pour la Suisse, avec des valeurs indicatives par secteur. Pour les transports, les émissions doivent baisser de 57 % d'ici 2040 par rapport à 1990.

Pour les entreprises, la loi pose deux règles :

  • Toutes les entreprises doivent atteindre le zéro net au plus tard en 2050, en tenant compte au moins de leurs émissions directes et indirectes (art. 5 LCl).
  • La feuille de route de décarbonation est facultative. La Confédération met à disposition des bases, des normes et des conseils pour les entreprises qui en établissent une d'ici 2029. Elle devient nécessaire pour obtenir une aide financière à des technologies novatrices (art. 6 LCl).

Source : OFEV, objectif de zéro net 2050.

Une flotte de véhicules de service fait partie des émissions directes de l'entreprise. Elle est souvent le poste le plus simple à réduire : la technologie existe, le TCO est comparable, et le remplacement suit le cycle normal des contrats de leasing.

Le reporting climatique des grandes entreprises

Les sociétés d'intérêt public (sociétés cotées, banques, assurances) qui, avec les entreprises qu'elles contrôlent, comptent au moins 500 emplois à plein temps en moyenne annuelle et dépassent CHF 20 millions de total du bilan ou CHF 40 millions de chiffre d'affaires pendant deux exercices consécutifs doivent publier un rapport sur les questions non financières, dont le climat (art. 964a ss CO). Source : Code des obligations, art. 964a.

Depuis le 1er janvier 2024, l'ordonnance relative au rapport sur les questions climatiques précise ce contenu, selon les recommandations de la TCFD. Une révision élargissant le champ à des entreprises plus petites a été mise en consultation en 2024-2025, puis suspendue par le Conseil fédéral en juin 2025 dans l'attente des simplifications européennes. Vérifiez l'état du dossier avec votre fiduciaire avant votre prochain exercice.

Même hors du champ légal, une filiale suisse d'un groupe européen reçoit souvent des objectifs chiffrés du siège : part d'électriques, gCO2/km moyen, émissions de scope 1. Vous devez alors les mesurer.

Où en est le marché des voitures électriques en Suisse ?

Les chiffres d'auto-schweiz montrent une accélération nette :

Période

Part des voitures neuves 100 % électriques

Année 2025

22,8 %

Janvier à septembre 2026

26,2 % (45'464 voitures)

Septembre 2026

35,7 %, un record (7'833 voitures)

Avec les hybrides rechargeables et les prolongateurs d'autonomie, les véhicules rechargeables atteignent 38,5 % des voitures neuves sur les neuf premiers mois de 2026. Sources : moneycab, bilan auto-schweiz 2025 et electrive, auto-schweiz septembre 2026.

La Feuille de route pour la mobilité électrique, pilotée par l'Office fédéral de l'énergie (OFEN), visait 50 % de véhicules rechargeables dans les ventes en 2025. L'objectif n'a pas été atteint et la feuille de route a été prolongée jusqu'en 2030. Le parc reste très majoritairement thermique : environ 4 % des voitures en circulation étaient 100 % électriques en 2024.

Électrifier sa flotte en cinq étapes

Étape 1 : faire l'inventaire avec de vraies données

Pour chaque véhicule : kilométrage annuel réel, type de trajets, date de fin de leasing, lieu de stationnement de nuit, et possibilité de recharger au domicile du collaborateur. Sans ces données, le plan d'électrification repose sur des moyennes. La télématique sans boîtier de Voltaback remonte le kilométrage, la consommation et l'état des véhicules connectés, sans aucune géolocalisation transmise à l'entreprise.

Étape 2 : suivre le cycle de renouvellement

Électrifier au fil des fins de contrat évite de payer des sorties anticipées de leasing. Sur un cycle de quatre ans, une flotte peut être électrifiée en grande partie sans surcoût de transition.

Étape 3 : commencer par les véhicules qui y gagnent le plus

L'ordre de priorité est simple :

  1. Gros rouleurs avec place de parc à domicile : plus de 20'000 km par an, c'est là que l'économie d'énergie est maximale.
  2. Trajets réguliers et prévisibles : techniciens, commerciaux sectorisés entre Lausanne, Fribourg et Neuchâtel.
  3. Véhicules de direction : effet d'exemple, mais attention à la part privée de 0,9 % sur un prix plus élevé.
  4. Profils plus complexes en dernier : longs trajets fréquents vers l'étranger, collaborateurs sans aucune possibilité de recharger à domicile.

Notre analyse du TCO d'une flotte automobile montre le point d'équilibre : à 25'000 km par an et 80 % de recharge à domicile, l'électrique coûte moins cher que l'essence sur 4 ans ; à 15'000 km par an, l'écart est quasi nul.

Étape 4 : organiser la recharge

Trois lieux de recharge, trois logiques :

  • Au domicile : le kWh le moins cher, autour de 28 ct./kWh en moyenne. Le collaborateur doit pouvoir installer une prise adaptée ou une borne, ce qui passe par un installateur-électricien concessionnaire et un avis d'installation auprès du gestionnaire de réseau.
  • Sur le site de l'entreprise : utile pour les véhicules de pool et les collaborateurs sans recharge à domicile. Voir notre guide sur l'installation de bornes de recharge en entreprise.
  • Sur le réseau public : indispensable pour les longs trajets, mais deux fois plus cher que le domicile, voire davantage.

Pour les collaborateurs en propriété par étages (PPE), une installation de recharge est une mesure de construction qui requiert en principe la double majorité des copropriétaires (art. 647d CC). Les locataires ont besoin du consentement écrit du bailleur (art. 260a CO). Cela pourrait changer : le Conseil fédéral a mis en consultation, du 19 juin au 12 octobre 2026, une modification de la loi sur l'énergie qui permettrait aux locataires et aux copropriétaires d'exiger une installation de base pour la recharge, en application de la motion 23.3936 adoptée par le Parlement en juin 2025. Source : OFJ, consultation sur l'installation de base pour la recharge.

Les cantons et communes subventionnent parfois l'équipement des parkings : Genève soutient l'électrification des parkings d'habitat collectif, et Vaud a eu un programme de recharge privée en 2025. Ces programmes changent souvent ; vérifiez-les projet par projet. Le panorama des règles applicables aux sites d'entreprise figure dans notre article sur les obligations en matière de bornes de recharge.

Étape 5 : obtenir l'adhésion des conducteurs

Un conducteur accepte une électrique quand trois questions ont une réponse claire : où recharger, qui paie l'électricité, et ce que cela change sur son certificat de salaire.

  • La part privée reste de 0,9 % par mois du prix d'achat hors TVA. Une électrique plus chère augmente donc légèrement son revenu imposable.
  • L'électricité du domicile doit être remboursée. Le modèle de règlement des frais de la Conférence suisse des impôts (CSI) autorise un forfait de CHF 60.– par mois au maximum, ou le remboursement des frais effectifs. Un collaborateur qui roule 25'000 km par an dépense environ CHF 90.– par mois à domicile : le forfait le laisse de sa poche.
  • Un conducteur qui paie sa recharge ne réduit pas sa part privée. Le Guide d'établissement du certificat de salaire est explicite sur ce point. Source : AFC, Guide d'établissement du certificat de salaire 2026.

Le détail fiscal est expliqué dans notre guide de la fiscalité de la voiture électrique d'entreprise.

Les leviers de TCO de l'électrification

Électrifier ne fait baisser les coûts que si trois conditions sont réunies.

L'impôt automobile ne fait plus la différence. Depuis le 1er janvier 2024, les électriques paient comme les thermiques l'impôt automobile fédéral de 4 % sur la valeur à l'importation. Source : OFDF, impôt sur les véhicules automobiles.

L'impôt cantonal reste souvent favorable, mais pas partout. Vaud applique une réduction de 90 % aux voitures électriques, Zurich les exonère, Berne les réduit de 60 % pendant quatre ans. Genève applique depuis 2025 un système qui favorise les électriques légères, et Saint-Gall impose les électriques depuis 2026. Une flotte répartie entre plusieurs cantons doit faire le calcul canton par canton.

La recharge à domicile fait le reste. C'est le poste qui varie le plus : entre une électrique rechargée à 80 % à domicile et une électrique rechargée surtout sur borne publique, l'écart dépasse CHF 2'500.– par véhicule sur quatre ans.

Pour chiffrer ce poste avec vos véhicules et vos cantons, utilisez le simulateur du coût de la recharge à domicile d'une flotte.

Mesurer le CO2 évité et l'inscrire dans le reporting

Un rapport climatique crédible repose sur des données mesurées, pas sur des valeurs catalogue. Pour chaque véhicule, il faut :

  1. Les kilomètres réels, privés et professionnels, sur la période.
  2. L'énergie consommée : litres de carburant pour les thermiques, kWh rechargés pour les électriques, avec le lieu de recharge (domicile, site, public).
  3. Les facteurs d'émission : environ 2,3 kg de CO2 par litre d'essence brûlé, et pour l'électricité, le facteur du marquage de l'électricité de votre fournisseur ou une valeur moyenne suisse.
  4. La comparaison avec un scénario de référence : ce qu'aurait émis le thermique remplacé sur le même kilométrage.

Exemple : une voiture à essence de 6,5 l/100 km qui roule 25'000 km par an brûle environ 1'625 litres, soit environ 3,7 tonnes de CO2 à l'échappement. Une électrique rechargée avec le mix électrique suisse, à forte part hydraulique et nucléaire, émet nettement moins à l'usage. Sur une flotte de 50 véhicules, l'ordre de grandeur se compte en centaines de tonnes sur un cycle de quatre ans.

Voltaback fournit ces données par véhicule : kWh rechargés à domicile, kilométrage, consommation, sans boîtier et sans transmettre la géolocalisation à l'entreprise, conformément à la nLPD et à l'article 26 de l'ordonnance 3 relative à la loi sur le travail, qui interdit les systèmes destinés à surveiller le comportement des collaborateurs. La plateforme est certifiée ISO 27001 depuis le 2 décembre 2025.

Électrifier ne suffit pas : le remboursement de la recharge à domicile

Une flotte électrique dont les conducteurs paient une partie de leur électricité perd sur trois tableaux : le TCO (les conducteurs rechargent ailleurs, plus cher), l'adhésion (ils ont l'impression de payer pour l'entreprise) et la conformité (un forfait mal calibré ou une note de frais non justifiée).

Voltaback mesure chaque kWh rechargé à domicile et le valorise au tarif réel du contrat du collaborateur, tarif haut ou bas selon l'heure. Voltaback s'appuie sur le compteur certifié MID du logement, pas sur un compteur de câble autonome ; la mesure a été auditée par un tiers indépendant, avec une erreur relative de 1,22 %. Un export mensuel est prêt à importer dans votre logiciel de paie. La plateforme est 100 % logicielle et fonctionne avec plus de 48 marques de véhicules.

Le guide pratique pour gérer et rembourser la recharge à domicile d'une flotte détaille la mise en place. Pour voir comment Voltaback accompagne les gestionnaires, consultez la page dédiée aux responsables de flotte.

Questions fréquentes sur l'électrification des flottes en Suisse

Passez de l'intention au plan d'électrification

En Suisse, électrifier sa flotte est un choix, pas une obligation. C'est un choix rentable quand il est guidé par les données : kilométrages réels, lieu de recharge et coût effectif de chaque kWh.

Pour bâtir votre plan d'électrification et rembourser la recharge à domicile au coût réel, contactez l'équipe Voltaback.

Articles recommandés